90% des candidats se disent prêts à utiliser leur téléphone pour postuler à une offre d’emploi. Ce chiffre ne semble pourtant pas inquiéter les entreprises qui restent frileuses à développer la candidature mobile. Réflexion sur les tenants et aboutissants de cette tendance.

Les candidats se mobilisent

Selon une enquête réalisée par Opensourcing en 2013, 92%  des candidats qui font appel aux applications mobiles de recrutement les utilisent pour consulter les annonces d’emploi en ligne, souvent à la suite d’une alerte programmée pour réagir sur les nouveautés. La concurrence sur le marché de l’emploi étant forte, répondre le premier pour être “en haut de la pile” est un avantage pour décrocher l’emploi. Aussi, un grand nombre de candidats souhaite pouvoir réagir directement lors de la lecture de l’offre sur leur terminal mobile. Cependant se pose le problème des documents à joindre à la candidature (CV, lettre de motivation, diplômes…) car il est essentiel, malgré le haut débit désormais accessible sur les smartphones, d’alléger au maximum les procédures et échanges via les mobiles. Par ailleurs, rédiger une lettre de motivation directement sur son téléphone est un exercice difficile à cause de la petitesse de l’écran mais aussi des claviers tactiles et de l’habitude de l’utilisation des abréviations sur les mobiles. Par conséquent si 62% des candidats utilisent volontiers le mobile pour consulter des offres d’emploi, il n’en reste pas moins que 81% d’entre eux préfèrent encore utiliser l’ordinateur pour répondre à une offre d’emploi. Il existe aussi ceux qui ne téléchargent pas les applications mobiles, qui représentent presque la moitié (44%) des candidats interrogés. Parmi eux, certains parce qu’ils ne connaissent même pas l’existence d’applications mobiles pour le recrutement ou n’y ont pas pensé (18%), d’autres ne téléchargent pas ces applis car ils préfèrent utiliser l’ordinateur pour postuler ou même pour consulter les sites internet d’emplois (69%), le reste n’en a pas besoin ou n’a pas la possibilité d’en avoir. Néanmoins 41% des personnes interrogées détenant un smartphone envisagent de l’utiliser plus fréquemment pour la recherche d’emploi dans les deux ans à venir.

Allô les entreprises ?

Environ 120 entreprises dans le monde avaient en 2013 un site mobile dédié au recrutement. Sur l’ensemble des entreprises cela représente une petite minorité pour plusieurs raisons. Tout d’abord ce développement à un coût, il faut donc que l’investissement soit rentable et pour cette raison c’est principalement les grandes entreprises avec un fort besoin en personnel qui ont développé ces sites. On peut citer notamment les exemples de Carrefour, Nike ou Microsoft. D’autre part, plusieurs entreprises ne voient pas le besoin de créer leur site mobile car elles disposent déjà d’un site Internet classique auquel les smartphones ont accès. Cependant, la connexion sur téléphone est généralement moins performante que celle d’un ordinateur et les écrans mobiles sont plus petits que les écrans traditionnels, ce qui rend nécessaire de traiter à part le cas de l’accès à partir d’un mobile. De plus, comme évoqué précédemment, l’envoi d’une candidature depuis un mobile n’est pas une opération aisée et nécessite des aménagements.

Nous avons donc 3 solutions pour investir sur le mobile qui s’offrent aux entreprises :

  • Faire un site en responsive design qui va s’adapter à chaque taille d’écran mais conserver le contenu et le mode de fonctionnement général du site
  • Réaliser un site mobile se substituant au site web classique quand ce dernier est consulté depuis un smartphone. Le menu et l’ergonomie d’un tel site sont alors adaptés à la navigation mobile.
  • Développer une application mobile. Dans ce dernier cas, on oublie complètement tout repère web pour proposer une expérience mobile et non pas web sur mobile. L’avantage est de pouvoir bénéficier de beaucoup plus de fonctionnalités, même si de plus en plus son désormais accessibles à partir d’un site web.

 

Certaines entreprises se sont attaquées à trouver des solutions pour permettre au candidat de postuler via son mobile. On pourra citer le cas de Carrefour, qui propose au candidat de prendre en photo son CV papier avec son smartphone afin de l’envoyer. C’est une solution intéressante en théorie mais pas encore bien aboutie, puisqu’on va demander au candidat de rentrer par ailleurs nombre d’information à la main. Job2day a utilisé le même principe d’appareil photo dans son application ForgetMeNot, qui vise plus précisément les échanges de CV sur les salons de recrutement. D’autres stratégies consistent à permettre à l’utilisateur de renseigner ses documents (CV, lettre de motivation) à partir de son ordinateur, puis de transférer ceux-ci sur le mobile grâce à l’application mobile, ou bien encore, à partir du mobile, de s’envoyer l’offre d’emploi par email pour une consultation ultérieure. Pour sa part, Indeed, leader des méta-moteurs d’offres d’emploi, a choisi de ne pas permettre aux utilisateurs de son site mobile de postuler directement, mais plutôt d’enregistrer les offres qui les intéressent afin de les retrouver plus tard lorsqu’ils accéderont à leur compte Indeed d’un ordinateur, d’où ils pourront alors envoyer leur candidature sans problème.

 

Grâce aux applications mobiles dédiées à l’emploi, des recrutements ont déjà été effectués : 40% des candidats les utilisant ont été contactés pour un entretien et 7% ont réussi à décrocher le job sachant que 47 % des candidats utilisant les applis mobiles le font pour postuler. Cette façon de faire est donc réellement productive ! Pour l’instant, l’appel des candidats est interrompu par des entreprises encore sur répondeur, néanmoins de plus en plus d’initiatives voient le jour et on peut s’attendre à un développement fort à venir du recrutement sur mobile dans les prochaines années. Pour pousser la réflexion en abordant le thème d’une manière distrayante je vous invite à lire ce petit texte sur le recrutement mobile : http://www.blogdumoderateur.com/recrutement-du-futur/. Cet article date de 2010 mais reste encore à l’heure du jour (voir même en avance !), preuve que le progrès est une histoire de longue date.

* Données : enquête réalisée par Opensourcing du 25 avril au 27 mai 2013 auprès de 645 candidats.

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